# Un site de presse soumis au pluralisme : ce que ça change côté serveur

> Le statut de presse en ligne impose des obligations souvent méconnues. Ce qui relève réellement de l'infrastructure serveur plutôt que du seul contenu éditorial.

- Auteur : WordPress Développement
- Publié le : 2024-04-26
- Mis à jour le : 2024-04-26
- Catégorie : Hébergement &amp; serveurs
- URL : https://www.wpmoderne.fr/hebergement/site-presse-pluralisme-obligations-serveur/

## L’essentiel

- L'archivage légal ne se limite pas à un simple export
- La disponibilité du site engage une responsabilité éditoriale
- La traçabilité des publications doit être vérifiable

D'après le Code de la propriété intellectuelle et les textes régissant le dépôt légal, un service de presse en ligne reconnu par la Commission paritaire des publications et agences de presse (CPPAP) doit permettre l'archivage de l'intégralité de ses contenus publiés, y compris leurs versions successives. Cette obligation, souvent perçue comme purement éditoriale, engage en réalité directement l'infrastructure technique du site.

## Ce que le statut de presse implique vraiment côté serveur

Un média régional qui obtient le statut de service de presse en ligne découvre généralement ces obligations après coup, au moment d'un contrôle ou d'une demande de la Bibliothèque nationale de France dans le cadre du dépôt légal du web. Le régime juridique de la presse en général — droits et responsabilités éditoriales — reste hors du champ de cet article : seul compte ici ce qui relève concrètement du serveur.

- Conserver une trace de chaque version publiée d'un article, pas uniquement sa version la plus récente
- Garantir une disponibilité du site cohérente avec la fréquence de publication annoncée
- Documenter la chaîne d'hébergement (hébergeur, sous-traitants éventuels) de manière transparente

## L'archivage des versions, un vrai sujet technique

WordPress conserve nativement un historique de révisions par article, accessible via la table `wp_posts` avec le type `revision`, mais cet historique reste fragile : il peut être purgé par une extension d'optimisation de base de données mal configurée, ou limité en nombre de révisions conservées par un réglage dans `wp-config.php`.

```
// À proscrire pour un site de presse soumis à archivage
define( 'WP_POST_REVISIONS', 5 );
```

Un site de presse a intérêt à conserver un nombre de révisions illimité, ou à défaut à exporter périodiquement un instantané complet de la base de données vers un stockage d'archive distinct, avec horodatage vérifiable.

> L'essentiel à retenir : L'archivage légal ne se limite pas à un simple export ; La disponibilité du site engage une responsabilité éditoriale ; La traçabilité des publications doit être vérifiable

## La disponibilité, une obligation de facto

Si un service de presse en ligne s'engage à publier selon une fréquence donnée, une indisponibilité prolongée du serveur peut être interprétée comme un manquement à cet engagement, indépendamment de toute faute éditoriale. Cela justifie, pour ce type de site plus que pour un site vitrine classique, un niveau de supervision et de redondance renforcé.

### Traçabilité de la publication

Chaque article publié devrait pouvoir être rattaché, en cas de contrôle, à un horodatage serveur fiable (synchronisé via NTP) et à une trace précise de sa modification éventuelle après publication initiale. Un journal applicatif qui enregistre les actions d'édition, en complément des révisions WordPress, renforce cette traçabilité.

```
add_action( 'post_updated', function( $post_id, $post_after, $post_before ) {
    error_log( sprintf( 'Article %d modifié le %s', $post_id, current_time( 'mysql' ) ) );
}, 10, 3 );
```

> Un média qui obtient le statut de presse en ligne gagne en crédibilité, mais hérite aussi d'obligations d'archivage que son hébergement doit être capable de tenir dès le premier jour, pas seulement au moment du premier contrôle.

### La transparence de l'hébergement lui-même

Un service de presse en ligne doit également pouvoir communiquer, sur demande, l'identité et la localisation de son hébergeur, y compris en cas de sous-traitance en cascade (un hébergeur qui loue lui-même son infrastructure à un fournisseur cloud tiers). Cette chaîne de sous-traitance mérite d'être documentée en interne, dans un document simple mis à jour à chaque changement de prestataire, plutôt que reconstituée dans l'urgence lors d'une demande officielle.

- Documenter l'hébergeur principal et tout sous-traitant technique impliqué
- Mettre à jour cette documentation à chaque changement d'infrastructure, pas seulement lors d'un contrôle
- Conserver une trace des changements d'hébergement dans le temps, utile en cas de litige

## En résumé

Le statut de presse en ligne déplace une partie de la responsabilité éditoriale vers l'infrastructure technique : conservation des versions publiées, disponibilité cohérente avec la fréquence annoncée, traçabilité vérifiable des modifications. Ces exigences se préparent en amont de la reconnaissance CPPAP, pas après, pour éviter qu'un contrôle ne révèle un historique déjà perdu ou une chaîne d'hébergement mal documentée.
