# Syndicat professionnel du BTP : un intranet documentaire en deux langues

> Retour d'expérience sur la traduction d'un espace membre truffé de documents normatifs, où une seule note technique mal traduite peut coûter cher à un adhérent.

- Auteur : WordPress Développement
- Publié le : 2023-12-21
- Mis à jour le : 2023-12-21
- Catégorie : Multilingue
- URL : https://www.wpmoderne.fr/multilingue/intranet-documentaire-btp-bilingue/

## L’essentiel

- Les documents normatifs exigent un glossaire figé avant toute traduction
- Le versionnage des PDF doit suivre la langue, pas l'inverse
- Un comité de relecture métier est non négociable

640 fiches techniques, des normes DTU, des arrêtés régionaux et des fiches de sécurité chantier : voilà ce qu'un syndicat professionnel du bâtiment nous a confié à traduire dans le cadre de la refonte de son intranet documentaire, destiné à ses adhérents d'une région frontalière où une partie des chantiers se déroule en langue voisine.

Ce projet n'avait rien d'un site vitrine à traduire à la volée : chaque document engage la responsabilité professionnelle de l'entreprise qui le consulte. Une imprécision dans la traduction d'une tolérance dimensionnelle ou d'une consigne de sécurité n'est pas une coquille, c'est un risque juridique et humain.

## Cadrer le glossaire avant d'ouvrir Polylang

La première décision, prise avant même d'installer quoi que ce soit sur WordPress, a été de figer un glossaire de 180 termes techniques avec le service qualité du syndicat : « maître d'ouvrage », « DTU », « lot », « réception de travaux »… chaque terme avec sa traduction validée et son contexte d'usage. Ce glossaire a ensuite été injecté dans Polylang String Translation pour couvrir les libellés d'interface, et distribué aux traducteurs humains pour le contenu long.

Sans ce travail préalable, deux traducteurs différents auraient pu rendre « réception de travaux » de deux façons distinctes selon les documents, ce qui aurait cassé la cohérence terminologique sur un corpus normatif où la précision prime sur le style.

### Structurer les fiches en type de contenu dédié

Les 640 fiches ont été migrées vers un type de contenu personnalisé `fiche_normative`, avec des champs ACF pour la référence de norme, la date de mise à jour et le fichier PDF associé, chacun traduisible indépendamment via les paramètres de synchronisation de champs de Polylang.

> L'essentiel à retenir : Les documents normatifs exigent un glossaire figé avant toute traduction ; Le versionnage des PDF doit suivre la langue, pas l'inverse ; Un comité de relecture métier est non négociable

## Versionner les PDF par langue, pas par date

Le piège classique sur ce type de projet est de lier le PDF à la date de publication de l'article plutôt qu'à sa langue. Un DTU révisé publié d'abord en français, puis traduit trois semaines plus tard, ne doit jamais laisser un adhérent télécharger par erreur l'ancienne version dans l'autre langue. La solution retenue a été un champ de version explicite, synchronisé entre les deux traductions, avec un contrôle avant publication :

- Chaque fiche référence son numéro de version dans les deux langues, affiché dans l'interface publique.
- Un tableau de bord interne liste les fiches où les numéros de version divergent entre langues.
- Aucune fiche n'est publiée dans une langue tant que sa version normative correspond à un état antérieur de l'autre langue.

## Le comité de relecture métier, étape non négociable

Aucune fiche normative n'a été publiée sans passer devant un comité de deux professionnels bilingues du secteur, en plus du traducteur. Ce n'est pas un luxe : sur un corpus documentaire technique, un traducteur généraliste, même compétent, peut mal interpréter un terme de chantier qui a un sens précis dans la profession mais un sens différent dans la langue courante.

### Un rythme de relecture réaliste

Le comité a validé environ 25 fiches par semaine, un rythme jugé lent au départ par le syndicat, mais qui a évité plusieurs erreurs de traduction sur des tolérances chiffrées, corrigées avant publication plutôt qu'après une réclamation d'adhérent.

## Gérer les accès par langue sans dupliquer les groupes

L'espace membre restreint certains contenus par cotisation régionale. Plutôt que de dupliquer les groupes d'accès par langue, l'architecture retenue rattache le contrôle d'accès au type de contenu et à sa taxonomie de région, la langue restant un axe de traduction indépendant. Cela évite d'avoir à maintenir deux fois la même matrice de droits.

> Sur un corpus normatif, le glossaire précède toujours l'outil : Polylang, WPML ou n'importe quel plugin de traduction ne remplace jamais un vocabulaire métier validé en amont.

## Notre verdict

Ce projet a confirmé une intuition : la difficulté d'un intranet documentaire bilingue n'est presque jamais technique, elle est organisationnelle. Le plugin de traduction n'est que le dernier maillon d'une chaîne qui commence par un glossaire métier solide et se termine par une relecture professionnelle systématique. Sans ces deux garde-fous, aucune configuration de Polylang ne protège un adhérent d'une norme mal traduite.
