Sept communes rurales d’une même intercommunalité partagent un thème WordPress commun, décliné en couleurs et en contenu pour chacune. Auditer séparément chaque site coûterait sept fois le temps d’un audit RGAA complet, alors que l’essentiel des anomalies structurelles se trouve en réalité dans le thème partagé, identique sur les sept déclinaisons. Traiter ce cas comme sept audits indépendants revient à payer sept fois pour corriger le même bug.
Séparer ce qui est commun de ce qui est local
La première étape consiste à distinguer deux catégories de non-conformités : celles qui viennent du thème lui-même (structure des titres, contraste des couleurs par défaut, navigation clavier des menus, formulaires de contact générés par le même plugin) et celles qui viennent du contenu propre à chaque commune (images publiées sans texte alternatif, tableaux d’horaires mal structurés, documents PDF non balisés). Les premières se corrigent une fois pour toutes ; les secondes doivent être traitées commune par commune.
Organiser l’audit mutualisé

Un audit efficace sur ce type de parc suit un ordre précis : d’abord un audit complet du thème sur une seule commune pilote, choisie pour sa représentativité (présence de tous les gabarits utilisés : accueil, actualités, annuaire des services, formulaire de contact, agenda). Les non-conformités structurelles identifiées sur ce site pilote sont ensuite vérifiées, par sondage rapide, sur les autres communes pour confirmer qu’elles proviennent bien du thème commun et non d’une particularité locale.
Structure de vérification retenue :
1. Audit complet RGAA sur commune-pilote.fr (thème + contenu)
2. Extraction des anomalies liées au thème (ex : contraste des liens, focus invisible)
3. Vérification par sondage sur 3 autres communes du parc
4. Correction unique dans le thème mutualisé, déployée sur les 7 sites
5. Audit de contenu séparé, propre à chaque commune restante
Corriger une fois, déployer partout
Le gain principal de cette organisation apparaît au moment de la correction : un problème de contraste sur les liens du menu, identifié sur la commune pilote, se corrige dans une seule feuille de style du thème mutualisé, puis se déploie sur l’ensemble du parc via la mise à jour habituelle du thème, sans réécriture site par site. C’est la même logique que la maintenance technique classique, appliquée à l’accessibilité.
Ce qui reste propre à chaque commune
Certaines non-conformités ne peuvent pas être mutualisées : un document PDF du compte-rendu de conseil municipal non balisé, une image de l’agent d’accueil sans texte alternatif, un tableau d’horaires de la mairie construit avec des espaces plutôt qu’une vraie structure <table>. Ici, la mutualisation prend une autre forme : un guide de publication commun, avec des modèles de contenu déjà structurés correctement, réduit fortement le risque que chaque commune reproduise les mêmes erreurs de saisie.
- Un thème commun audité une seule fois pour les non-conformités structurelles.
- Un guide de publication commun pour les agents des différentes communes.
- Un tableau de suivi partagé listant, commune par commune, les non-conformités de contenu restantes.
Mutualiser un audit d’accessibilité, ce n’est pas diviser le travail par le nombre de sites, c’est identifier ce qui n’a besoin d’être fait qu’une seule fois.
Le schéma pluriannuel commun
Le décret de 2019 impose un schéma pluriannuel de mise en accessibilité aux organismes publics concernés. Une intercommunalité peut, sous conditions, mutualiser ce document au niveau du groupement plutôt que de le dupliquer commune par commune, à condition que chaque déclaration d’accessibilité individuelle renvoie clairement vers ce schéma commun et précise les spécificités locales éventuelles.
En résumé
Face à un parc de sites communaux partageant un thème de base, la clé n’est pas de répéter l’audit et la correction pour chaque site, mais de séparer clairement ce qui relève du thème commun de ce qui relève du contenu local. Le premier se corrige une fois pour toutes, le second nécessite un accompagnement adapté aux agents de chaque commune, via des modèles et un guide partagés.