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Lemon Squeezy ou Paddle pour vendre un plugin WordPress premium

Deux « merchants of record » proposent de gérer la TVA internationale à la place de l'éditeur. Comparatif concret pour choisir celui qui convient à un plugin premium.

Par WordPress Développement • 14 novembre 2023 • 5 min de lecture • Aucun commentaire
Lemon Squeezy ou Paddle pour vendre un plugin WordPress premium

Vingt-sept pays dans l’Union européenne, chacun avec son propre taux de TVA, et une règle simple depuis 2015 : c’est le taux du pays de l’acheteur qui s’applique à une vente numérique, pas celui du vendeur. Pour un éditeur de plugin WordPress qui facture directement ses clients, cela veut dire suivre vingt-sept barèmes, produire les bonnes factures et déclarer via l’OSS (guichet unique). Pour beaucoup, la solution la plus simple reste de confier cette responsabilité à un tiers qui devient juridiquement le vendeur : un merchant of record.

Lemon Squeezy et Paddle occupent ce créneau depuis plusieurs années, avec une proposition proche mais des philosophies différentes. Ce comparatif s’adresse à un éditeur qui vend un plugin premium en licence annuelle ou à vie, en dehors de tout marketplace d’extensions comme CodeCanyon — la question de la distribution via marketplace ne sera pas abordée ici, elle relève d’un choix commercial distinct.

Ce que fait réellement un merchant of record

Quand un client achète via Lemon Squeezy ou Paddle, la facture est émise au nom de la plateforme, pas de l’éditeur du plugin. C’est elle qui calcule la TVA locale, l’encaisse, la reverse aux administrations fiscales concernées et gère les remboursements. L’éditeur reçoit un versement net, généralement mensuel, après déduction d’une commission qui inclut à la fois les frais de paiement et la gestion fiscale.

Cette délégation change la nature du travail comptable : plus besoin de déclaration OSS trimestrielle, plus de suivi des seuils par pays, plus de factures à personnaliser par taux. En contrepartie, la commission est plus élevée qu’une simple passerelle de paiement comme Stripe, qui elle ne gère pas la TVA à la place du vendeur.

Licences, mises à jour et intégration WordPress

L'essentiel à retenir : Le merchant of record facture et reverse la TVA à votre place ; Les deux plateformes gèrent licences et téléchargements ; Le choix dépend surtout du volume et du support attendu

Les deux plateformes proposent un système de clé de licence consommable par un plugin PHP, avec une API REST pour valider une clé, l’activer sur un domaine et vérifier son statut. Lemon Squeezy publie un plugin officiel qui simplifie l’intégration : gestion des webhooks, création de commandes et licences accessibles depuis un tableau de bord WordPress classique. Paddle propose une API plus générique, pensée pour tout type de logiciel, ce qui demande un peu plus de code côté éditeur pour la brancher proprement sur les hooks WordPress.

Concrètement, un plugin premium doit vérifier la validité d’une licence à intervalles réguliers, généralement via une tâche planifiée avec wp_schedule_event, puis désactiver les mises à jour si la licence est expirée. Cette logique reste la même quel que soit le prestataire choisi ; seule l’API de vérification change.

Exemple de vérification de licence

function wpm_verifier_licence() {
    $reponse = wp_remote_post( 'https://api.lemonsqueezy.com/v1/licenses/validate', array(
        'body' => array(
            'license_key' => get_option( 'wpm_licence_key' ),
        ),
    ) );

    if ( is_wp_error( $reponse ) ) {
        return false;
    }

    $donnees = json_decode( wp_remote_retrieve_body( $reponse ), true );
    return ! empty( $donnees['valid'] );
}

Tableau comparatif

CritèreLemon SqueezyPaddle
Commission indicativeAutour de 5 % + frais fixe par transactionAutour de 5 % + frais fixe, dégressif à fort volume
Intégration WordPressPlugin officiel dédiéAPI générique à câbler soi-même
Gestion de la TVAAutomatique, merchant of recordAutomatique, merchant of record
Abonnements récurrentsNatifs, avec relances d’échecNatifs, avec relances d’échec
Public cibleÉditeurs indépendants, petits cataloguesÉditeurs et SaaS établis, plus gros volumes

Ce qui doit vraiment orienter le choix

Le volume de ventes annuel pèse lourd dans la décision. En dessous de quelques dizaines de milliers d’euros par an, la simplicité d’intégration de Lemon Squeezy et son tableau de bord pensé pour les éditeurs individuels font gagner du temps de développement. Au-delà, les conditions tarifaires de Paddle deviennent souvent plus intéressantes, et son infrastructure a fait ses preuves sur des volumes bien plus importants.

Le support client compte aussi : un éditeur qui reçoit des questions de facturation de ses propres clients doit vérifier si la plateforme prend en charge le premier niveau de support ou si elle redirige systématiquement vers l’éditeur. Cette répartition diffère selon les offres et mérite d’être vérifiée avant de signer, car elle change la charge de travail réelle au quotidien.

Avant de choisir, simulez une vente complète depuis un pays hors zone euro avec conversion de devise : c’est souvent là que les écarts de commission entre deux plateformes deviennent visibles.

Notre verdict

Pour un éditeur qui débute la vente de son premier plugin premium, Lemon Squeezy réduit le temps d’intégration grâce à son plugin officiel et convient très bien à un catalogue limité. Pour un éditeur qui gère déjà plusieurs produits ou vise un volume conséquent, Paddle offre une infrastructure plus rodée et des conditions qui deviennent compétitives à mesure que le chiffre d’affaires grandit. Dans les deux cas, le vrai gain n’est pas seulement financier : c’est la charge mentale de la conformité TVA qui disparaît du quotidien de l’éditeur.

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À propos de l'auteur

WordPress Développement

Développeur WordPress, passionné par Elementor, le FSE et l’automatisation par IA.

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