Le fichier d’export d’un Kit Elementor contient bien la structure complète d’une page, section par section, widget par widget. Pour une agence qui livre un site en plusieurs langues avec Polylang, la tentation est grande de construire la page dans la langue principale, puis d’importer ce même Kit sur les pages traduites pour gagner du temps. Le résultat visuel semble correct au premier coup d’œil, jusqu’à ce qu’une relecture attentive révèle certains textes restés dans la langue source.
Ce constat ne remet pas en cause l’intérêt des Kits pour dupliquer une mise en page : il impose simplement une méthode de relecture systématique, plutôt qu’une confiance aveugle dans l’import.
Ce qu’un Kit reproduit fidèlement
Un Kit Elementor exporté contient les réglages globaux (couleurs, polices), les modèles enregistrés dans la bibliothèque, et les réglages de site associés. Une fois importé sur une nouvelle page traduite avec Polylang, la structure des sections, des colonnes et des widgets se recrée à l’identique, avec les mêmes réglages visuels de fond, d’espacement et de typographie.
C’est précisément cette fidélité structurelle qui rassure à tort : la page traduite ressemble visuellement en tout point à l’originale, ce qui masque le fait que certains textes internes n’ont pas suivi le même chemin de traduction que le contenu principal des widgets.
Les champs qui échappent à la vigilance

Le texte principal d’un widget de titre ou de texte se traduit normalement bien, car Polylang gère la traduction du contenu de la page comme un tout. En revanche, certains champs secondaires des widgets, en particulier le texte alternatif des images insérées directement dans un widget Image, ou le libellé d’un bouton configuré dans un widget composite comme une carte, restent parfois affichés dans la langue de la page source après l’import du Kit, tant qu’ils ne sont pas modifiés manuellement dans chaque widget concerné.
Les libellés de champs à l’intérieur d’un widget Formulaire (nom du champ, texte de l’indicatif, message de confirmation) suivent la même logique : ils font partie de la configuration du widget lui-même, pas du contenu de la page géré par Polylang au niveau global, ce qui les rend invisibles lors d’une relecture rapide centrée sur le texte visible principal.
Construire une checklist de relecture par langue
- Vérifier le texte alternatif de chaque image insérée directement dans un widget, pas seulement dans la médiathèque.
- Relire le libellé de chaque bouton, y compris ceux imbriqués dans des widgets composites.
- Contrôler les libellés et messages de confirmation des formulaires page par page.
- Passer en revue les textes de secours affichés en cas d’erreur de validation d’un champ.
Automatiser une partie du contrôle
Pour un site de plusieurs dizaines de pages, une extraction du contenu JSON de chaque page Elementor (stocké en méta _elementor_data) permet de rechercher par script les occurrences de mots typiques de la langue source qui n’auraient pas dû se retrouver dans une page traduite. Cette vérification automatisée ne remplace pas la relecture humaine, mais réduit fortement le risque d’oubli sur un volume important de pages.
Ce que cet article ne traite pas
La comparaison entre Polylang et d’autres solutions multilingues comme WPML ou TranslatePress ne fait pas partie de ce constat, centré sur un piège précis observé avec Polylang et l’import de Kits Elementor. Le comportement décrit ici pourrait d’ailleurs différer sensiblement avec une autre extension multilingue, chacune gérant la traduction du contenu à sa manière propre.
Un réflexe utile pour les prochains projets multilingues : traduire d’abord les champs secondaires des widgets avant d’importer le Kit sur les autres langues, plutôt que l’inverse. Cela oblige à passer par chaque widget une première fois et réduit le risque d’oubli une fois la structure dupliquée.
En résumé
Un Kit Elementor reproduit fidèlement la structure visuelle d’une page dans une nouvelle langue, mais certains champs secondaires des widgets échappent à la traduction automatique gérée par Polylang. Une checklist de relecture ciblée sur ces champs précis, plutôt qu’une confiance dans l’apparence générale de la page importée, évite de livrer un site multilingue avec des textes restés dans la mauvaise langue.