« L’export Squarespace ne contient ni les mises en page, ni les polices, ni les ancres. » C’est la première ligne qu’on écrit dans le compte-rendu d’audit à chaque reprise de ce type de site, et c’est aussi la meilleure façon de calibrer les attentes du client dès le premier échange. Contrairement à une migration entre deux installations WordPress, où un export JSON de Kit Elementor peut au moins transporter des styles globaux, Squarespace ne propose qu’un export XML limité au contenu texte des pages et des articles de blog.
Cet article dresse l’inventaire de ce qui se perd systématiquement dans ce type de reconstruction, sans aborder les migrations depuis Wix, qui posent des problèmes différents liés à leur propre système de blocs propriétaire. L’idée n’est pas de dramatiser l’exercice, mais de savoir précisément où concentrer le temps de reconstruction manuelle.
Ce que l’export Squarespace transporte réellement
L’export XML de Squarespace ressemble à un export WordPress classique dans sa structure, ce qui laisse penser à tort qu’il pourrait s’importer directement. En pratique, il contient le texte des pages et des articles, les métadonnées de base (titre, date, slug), et les URLs des images hébergées sur les serveurs Squarespace. Il ne contient ni la mise en page (les blocs Squarespace ne correspondent à rien côté Elementor), ni les styles de section, ni les polices personnalisées du catalogue Squarespace, ni les ancres de navigation internes.
Recréer les polices propriétaires par des équivalents
Squarespace propose un catalogue de polices sous licence propre à la plateforme, dont certaines n’existent nulle part ailleurs, y compris sur Google Fonts ou Adobe Fonts. La démarche à suivre :
- Identifier le nom exact de chaque police utilisée sur le site d’origine, en général visible dans les réglages de style de Squarespace.
- Chercher un équivalent visuel proche parmi les polices disponibles via Elementor (Google Fonts intégrées, ou police personnalisée hébergée en
.woff2). - Valider le choix avec le client avant de configurer les polices globales dans
Elementor > Réglages du site > Polices globales, puisque ce choix impactera l’ensemble du gabarit.

Reconstruire les ancres de menu une par une
Squarespace gère nativement des liens d’ancre vers des sections de la page d’accueil, un usage fréquent sur les sites vitrine à page unique. Ces ancres ne survivent pas à l’export : le menu importé pointe vers des identifiants qui n’existent plus. Il faut donc, pour chaque section de la page reconstruite dans Elementor, définir un ID CSS personnalisé dans l’onglet Avancé du widget ou de la section (#a-propos, #tarifs, #contact), puis mettre à jour chaque lien du menu pour qu’il pointe vers ce même identifiant, sous la forme #a-propos dans le champ de lien.
Retrouver les mises en page verrouillées de Squarespace
Les modèles Squarespace imposent souvent des mises en page rigides (grilles d’images en cascade, superpositions de texte sur image plein écran) qui n’ont pas d’équivalent direct dans un widget Elementor unique. La reconstruction se fait généralement avec des Containers Flexbox empilés, en recréant manuellement les proportions et les points de rupture responsive plutôt qu’en cherchant un widget qui reproduirait le comportement à l’identique.
Vérifier le référencement après bascule
Le changement de plateforme s’accompagne souvent d’un changement de structure d’URL, Squarespace ayant ses propres conventions de slugs pour le blog. Il faut vérifier la cohérence des permaliens WordPress avec les URLs historiques, et mettre en place des redirections 301 pour chaque page dont l’adresse change, afin de ne pas perdre le référencement acquis.
Le conseil qu’on répète à chaque migration de ce type : ne pas viser une reproduction pixel perfect du site Squarespace, mais une reconstruction qui respecte l’intention visuelle avec les outils natifs d’Elementor. Vouloir tout copier à l’identique coûte plus cher que de repenser la mise en page.
En résumé
Reconstruire un site Squarespace sous Elementor revient à repartir du contenu texte et des images, et à reconstruire manuellement tout le reste : polices, ancres, mises en page. Il n’existe pas de raccourci technique pour automatiser cette étape, ce qui doit être clairement anticipé dans le chiffrage du projet dès le premier rendez-vous.