Deux heures par mois : c’est le temps que nous facturons désormais explicitement à chaque client qui garde un accès complet au Style Book après la livraison de son site. Ce chiffre n’est pas arbitraire, il vient d’un projet précis, une brasserie artisanale qui a ouvert un deuxième point de vente un an après la mise en ligne de son site, et qui a alors commencé à modifier elle-même ses styles globaux pour refléter cette évolution.
Ce que le Style Book donne réellement
Le Style Book affiche, dans un seul écran, un aperçu de tous les blocs disponibles avec les styles globaux actuellement appliqués : titres, paragraphes, boutons, citations, rendus côte à côte sans avoir à naviguer entre plusieurs pages du site. Cette vue d’ensemble a beaucoup aidé la cliente à comprendre l’impact global d’un changement de couleur avant de le valider — un vrai progrès par rapport à une simple description textuelle des styles disponibles.
Ce que cette autonomie a fini par coûter en support

Le Style Book ne modifie rien lui-même : il ne fait qu’afficher l’état courant des styles, modifiables depuis le panneau Styles classique de l’éditeur. En donnant à la cliente un accès complet aux deux écrans, nous avons ouvert la porte à des ajustements fréquents, chacun individuellement raisonnable, mais dont l’accumulation a fini par dériver de la charte graphique validée à la livraison. Les sollicitations de support qui ont suivi portaient rarement sur un problème technique : elles demandaient surtout de « revenir à ce qu’on avait avant », sans que la cliente sache exactement quel réglage avait changé.
Le détail qui a tout changé dans notre facturation
Nous avons commencé à consigner, pour ce projet, le temps passé à comparer l’état courant des styles à une référence archivée après chaque livraison. Sur trois mois, ce suivi a représenté en moyenne un peu plus de deux heures mensuelles, réparties entre comparaison visuelle, restauration ponctuelle via l’historique des révisions de styles globaux, et échanges pour comprendre l’intention derrière chaque changement.
Comment nous facturons cette autonomie aujourd’hui
Sur les devis suivants, nous avons introduit une ligne spécifique, distincte de la maintenance technique classique, intitulée « suivi de gouvernance visuelle ». Elle couvre explicitement : la comparaison périodique des styles globaux à une référence documentée, l’assistance ponctuelle pour restaurer un état antérieur via l’historique de révisions, et un point mensuel bref pour discuter des changements envisagés avant qu’ils ne soient appliqués plutôt qu’après.
Prestation : Suivi de gouvernance visuelle (styles globaux)
- Comparaison mensuelle à la référence archivée : 1 h
- Assistance restauration ou ajustement ponctuel : 1 h
- Point mensuel de suivi avec le client : inclus
Ce que cette ligne a changé dans la relation client
Contrairement à ce que nous redoutions, cette transparence n’a pas été perçue comme une contrainte supplémentaire par la cliente concernée : elle a au contraire clarifié ce qui relevait de sa propre liberté d’action et ce qui restait de notre responsabilité de suivi. Le point mensuel est devenu, avec le temps, un moment d’échange sur les évolutions de la marque plutôt qu’une simple facture supplémentaire à justifier.
Nous ne considérons plus l’accès complet au Style Book comme un simple réglage technique à activer ou non : c’est une décision de gouvernance de projet, qui mérite sa propre ligne budgétaire dès le devis initial.
Notre verdict
Le Style Book reste un outil précieux pour donner de la visibilité à un client sur son propre site, et nous continuons à l’ouvrir largement. Ce que ce projet nous a appris, c’est que cette visibilité s’accompagne presque toujours d’une tentation d’ajuster, et que cette tentation a un coût de suivi réel, qu’il vaut mieux chiffrer dès le départ que découvrir a posteriori dans le temps passé non facturé.