Comment distinguer un candidat qui a lu la documentation d’un candidat qui a réellement livré un thème hybride en production ? Après plusieurs entretiens où les réponses théoriques semblaient solides sans se traduire ensuite dans le travail livré, nous avons remplacé une partie de notre grille d’entretien par un cas pratique court, réalisé en direct sur un thème préparé à l’avance.
Ce que nos questions d’entretien ne révélaient pas
Nos questions portaient historiquement sur des définitions : différence entre un template et un template part, rôle de theme.json, fonctionnement d’une Query Loop. Un candidat bien préparé répondait correctement à toutes, sans que cela garantisse sa capacité à diagnostiquer un problème réel sous pression, avec un thème qu’il découvrait pour la première fois. Le décalage est apparu clairement après l’embauche de deux profils aux réponses théoriques excellentes, mais aux premières semaines de production plus laborieuses que prévu.
La construction du cas pratique

Nous avons préparé un thème minimal, volontairement imparfait, contenant trois défauts distincts à corriger en trente minutes, sans documentation externe autorisée hormis le codex officiel de WordPress :
- un
theme.jsondont une valeur de couleur mal orthographiée dans le slug empêchait son application correcte dans l’éditeur ; - une Query Loop qui affichait les articles d’une mauvaise catégorie à cause d’un identifiant codé en dur plutôt que dérivé du contexte de la page ;
- un template part de pied de page verrouillé de façon si stricte qu’aucune modification de contenu n’était possible, y compris celle demandée par l’énoncé.
Ce que l’exercice a révélé, candidat par candidat
Face au premier défaut, la plupart des candidats solides ouvraient directement le fichier theme.json et comparaient le slug fautif à son usage dans les autres blocs — un réflexe de lecture attentive plus qu’une connaissance théorique. Face au deuxième défaut, la différence était plus nette : certains candidats corrigeaient l’identifiant en dur par un autre identifiant en dur, reproduisant le problème sous une autre forme, faute de comprendre pourquoi une Query Loop doit dériver son contexte plutôt que le figer.
Le troisième défaut, le plus révélateur
Le piège du verrouillage de bloc a permis de distinguer les candidats qui connaissaient uniquement l’existence du verrouillage de ceux qui savaient où le modifier concrètement : dans l’inspecteur de bloc, via l’option de verrouillage, ou directement dans les attributs lock sérialisés du bloc. Un candidat a même proposé, à raison, une alternative plus adaptée au contexte de l’énoncé : desserrer le verrouillage sur le contenu tout en le conservant sur la structure, plutôt que de tout déverrouiller.
<!-- wp:group {"lock":{"move":true,"remove":true}} -->
<div class="wp-block-group">
<!-- contenu du pied de page -->
</div>
<!-- /wp:group -->
Ce que l’exercice ne mesure pas
Un cas pratique de trente minutes reste un instantané : il ne dit rien de la capacité d’un candidat à tenir la charge sur plusieurs mois, ni de sa communication avec une équipe ou une cliente. Nous continuons donc à faire suivre l’exercice d’un entretien classique, mais celui-ci porte désormais sur les choix faits pendant l’exercice plutôt que sur des définitions abstraites : pourquoi cette correction plutôt qu’une autre, qu’aurait-il changé avec plus de temps.
Un candidat qui explique pourquoi il n’a pas eu le temps de traiter le troisième défaut nous apprend souvent plus qu’un candidat qui l’a corrigé sans en mesurer les implications sur le contenu existant.
Ce qui a changé dans nos décisions de recrutement
Depuis l’introduction de ce cas pratique, deux profils que nous aurions probablement écartés sur la seule base de l’entretien théorique se sont révélés être d’excellents recrutements : leurs réponses verbales étaient hésitantes, mais leur méthode face au thème imparfait était rigoureuse. À l’inverse, un profil très à l’aise à l’oral a montré, face au code réel, des réflexes qui nous ont fait reconsidérer la décision.
En résumé
Un entretien théorique reste utile pour évaluer la communication et la compréhension générale d’un candidat, mais il ne remplace pas la mise en situation face à un thème réel, imparfait, dont les défauts ressemblent à ceux qu’on rencontre réellement en production. Juger sur pièce a changé la nature de nos décisions de recrutement plus que nous ne l’espérions au départ.