Un sous-domaine en .wixsite.com, cinq pages de présentation, et une bannière publicitaire fixe imposée par la plateforme gratuite : voilà le point de départ du site d’un artisan menuisier qui souhaite enfin disposer d’un nom de domaine propre et d’un site WordPress qu’il pourra faire évoluer lui-même avec un développeur.
Ce type de dossier revient régulièrement : un professionnel indépendant a construit sa première présence en ligne avec un outil gratuit, faute de budget ou de connaissances au démarrage de son activité, puis se heurte aux limites de la formule au moment où le site commence réellement à générer des demandes de devis.
Les limites concrètes d’une offre gratuite
Au-delà de la bannière publicitaire, souvent citée en premier mais rarement la plus gênante, l’offre gratuite examinée sur ce dossier imposait plusieurs contraintes plus problématiques sur le long terme :
- Aucune sauvegarde exportable du contenu, en dehors d’une copie manuelle page par page
- Aucun accès aux journaux serveur, donc aucune visibilité sur le trafic réel
- Un sous-domaine qui ne pouvait pas être transformé en domaine racine sans repartir de zéro
- Aucune possibilité d’installer WordPress ni aucun autre système de gestion de contenu
Choisir un mutualisé adapté à ce profil
Pour un site vitrine d’artisan, sans commerce en ligne ni fonctionnalité complexe, un hébergement mutualisé d’entrée de gamme suffit largement. Les critères retenus pour ce dossier restent volontairement modestes :
- Installation de WordPress en un clic ou via WP-CLI en SSH
- Certificat TLS Let’s Encrypt inclus et renouvelé automatiquement
- Sauvegardes quotidiennes conservées au moins sept jours
- Une seule base de données MySQL, largement suffisante pour ce cas d’usage

La bascule technique, étape par étape
La difficulté principale d’une telle migration ne se situe pas dans l’installation de WordPress elle-même, mais dans la préservation du peu de référencement déjà acquis par l’ancien sous-domaine, ainsi que dans la continuité de la messagerie professionnelle éventuellement associée au nom de domaine.
- Achat du nom de domaine propre auprès d’un registrar, avant toute autre opération
- Installation de WordPress sur le nouveau mutualisé, avec un thème simple adapté à un site vitrine
- Recréation manuelle des pages existantes, faute d’export automatisé disponible depuis l’ancienne plateforme
- Configuration des enregistrements DNS du domaine, en particulier les enregistrements MX si une messagerie est associée
- Mise en place de redirections depuis les anciennes URL en
.wixsite.comvers les nouvelles pages, dans la mesure du possible
Le point souvent négligé : les redirections
Une plateforme gratuite ne permet généralement pas de configurer de redirection HTTP 301 vers un nouveau domaine, puisque le site va littéralement disparaître de l’ancienne adresse. La seule option réaliste consiste alors à s’assurer que la nouvelle page d’accueil reprend une structure de contenu proche de l’ancienne, et à mettre à jour manuellement toutes les références externes trouvables : fiche établissement, réseaux sociaux, cartes de visite numériques.
Perdre un sous-domaine gratuit ne signifie pas repartir de zéro en matière de visibilité, à condition de retrouver et corriger chaque lien externe pointant vers l’ancienne adresse avant la bascule, plutôt qu’après coup.
Le résultat pour ce dossier précis
Le nouveau site, hébergé sur un mutualisé facturé quinze euros par mois, dispose désormais d’un nom de domaine propre, d’un certificat TLS automatique, et surtout d’un accès complet permettant à l’artisan de faire ajouter de nouvelles pages par un développeur sans dépendre des limites d’une plateforme tierce.
Ce que ce cas illustre plus largement
La bascule d’un hébergement gratuit vers un mutualisé payant modeste ne relève pas d’un choix technique complexe, mais d’une série de vérifications simples : ce que l’ancienne offre empêchait réellement de faire, ce dont le nouveau site a besoin au minimum, et la manière de préserver les quelques liens externes déjà en circulation. Pour un site vitrine sans logique de commerce en ligne, cette bascule reste largement accessible sans expertise poussée en administration serveur.