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Menu de langue impeccable, site encore à moitié traduit, le décalage

Un sélecteur de langue soigné ne garantit rien du contenu qu'il donne à voir : l'idée reçue qui fait passer une traduction partielle pour une expérience complète.

Par WordPress Développement • 22 juillet 2023 • 4 min de lecture • Aucun commentaire
Menu de langue impeccable, site encore à moitié traduit, le décalage

Combien de sites multilingues affichent un sélecteur de langue soigné, avec drapeaux, menu déroulant animé et bascule fluide, pour renvoyer l’utilisateur vers une page d’accueil traduite… et un blog resté intégralement en français dès le second clic ? Cette situation, plus fréquente qu’on ne le pense, révèle un antipatron précis : confondre la qualité de l’interface de sélection de langue avec la qualité, ou même l’existence, du contenu traduit qu’elle donne à voir.

Cet article démonte cette confusion et propose une façon simple de la détecter avant qu’un visiteur étranger ne la découvre à votre place.

Le sélecteur de langue soigne la forme, jamais le fond

Un sélecteur de langue, qu’il soit fourni par Polylang, WPML ou codé à la main à partir de pll_the_languages(), ne fait qu’une chose : afficher les langues disponibles et permettre de basculer entre elles. Il ne vérifie à aucun moment que le contenu de la page cible existe réellement dans la langue choisie, ni qu’il est à jour par rapport à la version source. Un sélecteur peut être visuellement irréprochable sur un site dont quatre-vingts pour cent du contenu n’a jamais été traduit.

Le cas typique : la page d’accueil traduite, le reste non

Le scénario le plus courant : lors du lancement d’une version anglaise, l’équipe traduit la page d’accueil, les pages institutionnelles principales et quelques fiches produit phares, avec soin. Le sélecteur de langue est ajouté au thème, testé, validé. Mais le blog, les pages de catégorie, les mentions légales détaillées ou la documentation technique restent en français, soit affichés tels quels, soit masqués par un repli automatique peu clair pour le visiteur.

L'essentiel à retenir : Un sélecteur bien conçu masque parfois une traduction très incomplète ; Le taux réel de contenu traduit ne se lit pas dans le menu ; Mesurer la complétude par langue évite la fausse impression de finition

Pourquoi ce décalage n’apparaît dans aucun test habituel

Un test fonctionnel classique du sélecteur de langue vérifie que le clic fonctionne, que l’URL change, que la page cible s’affiche sans erreur 404. Ces trois vérifications passent haut la main sur un site à moitié traduit : la page existe bien dans l’autre langue, elle est juste vide de tout contenu traduit réel, ou renvoie silencieusement vers le contenu source. Aucun de ces tests ne mesure la complétude de la traduction elle-même.

Mesurer la complétude réelle, langue par langue

La correction de cet antipatron passe par une mesure objective, plutôt qu’une impression visuelle. Une requête simple, comparant le nombre d’articles publiés par langue via l’API interne de Polylang, donne une première estimation du taux de couverture réel.

wp post list --post_type=post --post_status=publish --lang=fr --format=count
wp post list --post_type=post --post_status=publish --lang=en --format=count

Un écart de plusieurs centaines d’articles entre les deux commandes, sur un site qui affiche pourtant un sélecteur de langue fièrement mis en avant sur chaque page, indique un décalage à traiter en priorité, indépendamment de la qualité visuelle du sélecteur.

Ce que révèle un tableau de bord de complétude

Type de contenuFrançaisAnglaisTaux de couverture
Pages institutionnelles1212100 %
Articles de blog340185 %
Fiches produit856070 %

Un tableau de ce type, généré périodiquement plutôt que consulté une seule fois au lancement, permet de prioriser les efforts de traduction là où l’écart est le plus criant, au lieu de se reposer sur l’impression trompeuse donnée par un sélecteur de langue soigné.

Un sélecteur de langue élégant vend une promesse ; seul le contenu réellement traduit la tient.

La bonne pratique : afficher la complétude, pas seulement la disponibilité

Certaines équipes vont plus loin en affichant, dans le sélecteur lui-même, un indicateur discret quand une page n’existe pas dans la langue cible, plutôt que de rediriger silencieusement vers la version source ou vers la page d’accueil. Cette transparence coûte peu à développer et évite la déception d’un visiteur qui pensait accéder à un contenu traduit et se retrouve face à du texte dans une langue qu’il ne maîtrise pas.

En résumé

La qualité d’un sélecteur de langue ne dit rien de la qualité, ni même de l’existence, du contenu qu’il permet d’atteindre. Le seul moyen fiable d’éviter cet antipatron consiste à mesurer objectivement, type de contenu par type de contenu, le taux de couverture réel de chaque langue, plutôt que de se fier à l’impression de finition donnée par l’interface de sélection.

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À propos de l'auteur

WordPress Développement

Développeur WordPress, passionné par Elementor, le FSE et l’automatisation par IA.

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