Combien coûte réellement d’absorber un pic de trafic de dix fois la normale pendant vingt-quatre heures ? C’est la question posée par la rédaction d’un site de presse locale après un fait divers ayant multiplié par dix le nombre de visiteurs uniques en une seule journée, saturant temporairement l’origine du site avant la mise en place d’un CDN.
Le site diffuse principalement des articles texte accompagnés de photographies, avec un volume de pages vues très irrégulier selon l’actualité locale. Deux CDN ont été testés en conditions réelles sur deux périodes comparables : le CDN d’OVHcloud, intégré à l’offre d’hébergement déjà en place, et Bunny.net, solution indépendante facturée à l’usage.
Le protocole de comparaison
Chaque CDN a été testé pendant une semaine complète, en alternance, sur le même site et la même configuration de cache applicatif WordPress en amont. Les métriques suivies : temps de réponse pour les visiteurs situés en dehors de la région d’hébergement d’origine, taux de succès du cache CDN, et coût facturé sur la période au regard du volume de données servies.
La performance mesurée
Sur le temps de réponse pur, les deux CDN se sont montrés proches, avec un léger avantage pour Bunny.net sur les visiteurs situés en Europe du Nord, probablement lié à la densité de ses points de présence dans cette zone. Sur les visiteurs français, la différence devenait négligeable, les deux réseaux disposant de points de présence suffisamment proches pour ne pas créer d’écart perceptible.
| Mesure | OVHcloud CDN | Bunny.net |
|---|---|---|
| Temps de réponse moyen (France) | 38 ms | 35 ms |
| Taux de succès du cache | 91 % | 94 % |
| Coût par gigaoctet servi | 0,04 € | 0,124 € |

Le vrai écart : la tarification au volume
C’est sur ce dernier point que le comparatif bascule. OVHcloud propose son CDN inclus dans plusieurs formules d’hébergement mutualisé ou infogéré, ce qui revient à un coût marginal quasi nul pour un site déjà hébergé chez ce fournisseur. Bunny.net facture à l’usage réel, avec une tarification dégressive selon le volume, mais qui reste en valeur absolue plus élevée par gigaoctet servi sur le volume mesuré ici.
Sur la semaine de pic de trafic, le site a servi environ 340 gigaoctets de données via le CDN, essentiellement des images de reportage photo. Le coût correspondant chez Bunny.net dépassait largement le coût marginal quasi inexistant côté OVHcloud, déjà inclus dans l’abonnement d’hébergement existant.
Ce que le prix ne dit pas à lui seul
La configuration de purge du cache a montré un écart pratique notable. Bunny.net propose une purge par tag ou par motif d’URL directement pilotable par API, ce qui facilite l’invalidation ciblée d’une actualité mise à jour sans purger l’intégralité du cache. Le CDN d’OVHcloud, dans la configuration testée, ne proposait qu’une purge globale ou par URL individuelle, moins pratique pour une rédaction publiant plusieurs mises à jour par heure sur un même article suivi en direct.
- Site déjà hébergé chez OVHcloud avec un budget serré : le CDN inclus reste économiquement imbattable
- Rédaction publiant des mises à jour fréquentes sur les mêmes articles : la purge ciblée de Bunny.net apporte un confort réel au quotidien
- Volume de données servies très élevé et récurrent : comparer les deux tarifications précisément avant de trancher, l’écart se creuse avec le volume
Un CDN inclus dans l’hébergement n’est pas gratuit par magie : il est simplement facturé ailleurs, de façon moins visible. Cela reste un avantage réel tant que les fonctionnalités couvrent le besoin, mais il ne faut jamais le confondre avec une offre équivalente à un service dédié.
Notre verdict
Pour ce site de presse locale, dont le budget technique reste contraint et dont les besoins de purge ciblée restent modestes, le CDN d’OVHcloud constitue le choix le plus rationnel, porté par son coût marginal quasi nul sur une infrastructure déjà en place. Une rédaction publiant en continu, avec des mises à jour fréquentes sur les mêmes contenus, trouvera dans Bunny.net une souplesse de purge qui justifie son surcoût, à condition que le volume de données servies reste maîtrisé.