Combien de pages un site Wix compte-t-il réellement ? C’est la première question à poser avant même de parler de thème WordPress, et la réponse surprend souvent le client lui-même : un consultant indépendant qui pensait avoir « un site simple » a fini par recenser dix-huit pages, dont plusieurs jamais mises à jour depuis leur création et totalement invisibles dans son propre menu de navigation.
Cette phase d’inventaire, souvent négligée au profit du choix du thème ou de la maquette, conditionne pourtant toute la réussite de la migration. Voici la checklist suivie avant d’adapter ce site en thème WordPress classique.
Recenser toutes les pages, y compris celles non liées
Wix ne propose pas d’export structuré du contenu comparable à ce qu’offre WordPress. La première étape consiste donc à parcourir le site avec un outil d’exploration de liens (un simple robot d’exploration en ligne de commande suffit) pour lister toutes les URL réellement indexées, au-delà de celles visibles dans le menu principal.
- Comparer la liste obtenue par exploration avec la structure du menu affiché sur le site.
- Vérifier les pages indexées par les moteurs de recherche via une recherche
site:sur le domaine du consultant. - Noter les formulaires présents sur chaque page, souvent liés à un service tiers propre à Wix qu’il faudra remplacer.

Copier le contenu sans conserver le balisage Wix
Le contenu généré par Wix repose sur des structures propriétaires, avec des classes et des balises qui n’ont aucun sens une fois copiées telles quelles dans l’éditeur de blocs ou dans un template de thème classique. Chaque paragraphe a été relu et recomposé manuellement, plutôt que copié-collé depuis le code source de la page Wix.
Ce travail manuel a permis, au passage, de repérer plusieurs paragraphes obsolètes (une offre de service que le consultant ne proposait plus depuis deux ans, un numéro de téléphone changé sans mise à jour du site) — autant de corrections qu’une migration purement technique aurait reproduites telles quelles.
Construire la table de correspondance des URL
Wix génère des URL selon ses propres conventions, rarement identiques à ce que produira le nouveau thème WordPress. Avant toute mise en ligne, une table de correspondance recense chaque ancienne URL et sa nouvelle destination, vérifiée une par une.
# Exemple de table de correspondance
/accueil-conseil.html -> /
/a-propos-du-cabinet.html -> /a-propos/
/nos-prestations.html -> /prestations/
/blog/categorie/strategie -> /blog/
Mettre en place des redirections 301, jamais 302
Chaque ancienne URL doit rediriger vers sa nouvelle destination avec un code 301 (redirection permanente), et non un code 302 (redirection temporaire) qui n’a pas la même portée pour la conservation du référencement acquis. Ces redirections sont ajoutées au fichier .htaccess du nouveau site, générées à partir de la table de correspondance validée à l’étape précédente.
Redirect 301 /accueil-conseil.html https://exemple-consultant.fr/
Redirect 301 /a-propos-du-cabinet.html https://exemple-consultant.fr/a-propos/
Redirect 301 /nos-prestations.html https://exemple-consultant.fr/prestations/
Vérifier les formulaires et les intégrations tierces
Le formulaire de contact Wix, souvent lié à une boîte email interne propre à la plateforme, doit être reconstruit dans le nouveau thème avec son propre traitement d’envoi. Sur ce projet, le formulaire a été recodé directement dans le template page-contact.php avec vérification de nonce et envoi via wp_mail(), plutôt que de dépendre d’une extension supplémentaire pour un besoin aussi simple.
Une migration Wix vers WordPress qui se limite à copier le texte visible sans reconstruire les redirections et les formulaires n’est pas terminée : elle a seulement déplacé le contenu, sans préserver ce qui faisait tourner le site au quotidien.
Pour aller plus loin
Cette checklist se concentre volontairement sur le contenu et les redirections techniques, sans aborder l’impact de la migration sur le référencement du site, qui relève d’un travail distinct mené une fois le thème mis en ligne. Sur ce projet, le consultant a pu constater dans les semaines suivantes que ses pages historiques continuaient de recevoir du trafic, preuve que les redirections 301 avaient bien été prises en compte par les moteurs de recherche.