Combien d’éditeurs quittent une plateforme sans se rendre compte, des mois plus tard, que leurs anciens articles ne sont plus indexés nulle part ? Une migration de Ghost vers WordPress réussie techniquement au niveau du contenu peut rester un échec silencieux si les redirections, les flux et les métadonnées n’ont pas été traités avec la même rigueur que le texte des articles eux-mêmes.
Ghost et WordPress ne partagent ni la même structure d’URLs par défaut, ni le même format d’export, ni la même gestion des flux RSS. Cette checklist couvre les points de vigilance pour un éditeur qui quitte Ghost, sans entrer dans la question distincte de la migration des abonnements payants, qui suit une logique propre à chaque plateforme de paiement.
Avant l’export : cartographier l’existant
- Lister l’intégralité des URLs publiées sur Ghost, y compris les pages statiques et les tags, via un export du plan de site existant plutôt que par mémoire.
- Relever la structure d’URL actuelle de Ghost (souvent
/nom-article/sans préfixe de date) pour anticiper l’écart avec la structure WordPress cible. - Vérifier si des redirections existent déjà côté Ghost, provenant d’une migration antérieure, pour ne pas les perdre une deuxième fois.
L’export Ghost et son format

Ghost exporte son contenu au format JSON via son panneau d’administration, un format qui ne correspond pas directement à ce qu’attend l’importateur WordPress natif, pensé pour le format WXR. Un script de conversion intermédiaire, ou une extension dédiée à la migration Ghost, transforme l’export JSON en un fichier WXR exploitable par wp import.
wp import export-converti.xml --authors=create
Cette commande importe les articles avec création automatique des auteurs manquants, mais ne gère pas seule les redirections ni les métadonnées Ghost spécifiques (tags internes, visibilité des membres), qu’il faut vérifier une par une après l’import.
Checklist de conservation des URLs
- Comparer systématiquement chaque ancienne URL Ghost à sa nouvelle URL WordPress, article par article, plutôt que de supposer une correspondance automatique.
- Mettre en place une redirection 301 pour chaque URL qui change de forme, via une règle serveur ou une extension de gestion des redirections.
- Tester chaque redirection individuellement après mise en ligne, y compris les pages de tags et d’auteurs, souvent oubliées au profit des seuls articles.
- Vérifier que la page d’accueil et les flux RSS pointent vers le nouveau domaine ou la nouvelle structure sans double redirection en chaîne.
Préserver les flux RSS
Ghost expose nativement un flux RSS à une adresse propre à sa structure. WordPress génère le sien automatiquement, mais à une adresse potentiellement différente selon la configuration de permaliens choisie. Les abonnés existants d’un lecteur de flux ne suivront le nouveau flux WordPress que si l’ancienne adresse Ghost redirige explicitement vers la nouvelle :
- Rediriger l’ancienne adresse de flux Ghost vers le flux WordPress correspondant (
/feed/par défaut). - Vérifier que le flux WordPress renvoie bien un contenu complet et non tronqué, si c’était le comportement attendu sous Ghost.
- Prévenir, si possible, les abonnés connus via une dernière publication sur l’ancien flux annonçant le changement d’adresse.
Métadonnées éditoriales à ne pas perdre
Au-delà du texte des articles, plusieurs métadonnées méritent une vérification manuelle après import : la date de publication originale (souvent mal reportée si le fuseau horaire diffère entre les deux plateformes), l’image de couverture de chaque article, et les extraits utilisés pour les aperçus sur les réseaux sociaux, qui suivent des conventions différentes entre Ghost et WordPress.
Une migration de contenu réussie se juge à ce que le lecteur ne remarque rien, ni dans son lecteur de flux, ni dans les résultats de recherche.
En résumé
Migrer un blog de Ghost vers WordPress dépasse largement l’import du texte des articles : la conservation des URLs, la mise en place systématique des redirections et la continuité du flux RSS conditionnent la préservation du référencement et du lectorat déjà constitué. Cette checklist, suivie point par point avant la bascule définitive, évite la découverte tardive d’un trafic perdu que rien ne permet plus de récupérer facilement une fois l’ancien domaine éteint.