Combien de candidatures listent « thème WordPress » comme compétence sans qu’aucune question posée en entretien ne vérifie réellement ce que cela recouvre ? C’est le constat de départ qui a conduit à remplacer, pour un poste de développeur spécialisé sur des thèmes classiques et hybrides, l’entretien théorique habituel par un exercice de correction de bug en conditions proches du réel.
Le format retenu
Plutôt que de poser des questions sur les hooks ou la hiérarchie des templates, un thème contenant un bug volontairement introduit est fourni au candidat, installé sur un environnement local préparé à l’avance. La consigne reste volontairement vague, à l’image d’un ticket client réel : « une image ne s’affiche pas correctement sur les pages d’archive, trouvez pourquoi. »
// Extrait du thème fourni pour l'exercice
function candidat_theme_setup() {
add_theme_support( 'post-thumbnails' );
}
add_action( 'init', 'candidat_theme_setup' ); // Hook incorrect, volontairement
Le bug ici tient à une déclaration de fonctionnalité de thème placée sur le hook init plutôt que after_setup_theme, un détail qui empêche certaines fonctionnalités de fonctionner correctement selon le moment où d’autres actions liées s’exécutent. Un candidat expérimenté repère rapidement l’incohérence, mais la façon d’y arriver révèle bien plus que la réponse elle-même.

Ce que l’exercice permet réellement d’observer
- La méthode de diagnostic employée : lecture systématique du code, ou plutôt recherche par mots-clés au hasard sans hypothèse claire.
- La capacité à formuler une hypothèse avant de modifier quoi que ce soit, plutôt que de multiplier les essais sans réflexion préalable.
- Le réflexe de vérifier la documentation officielle d’une fonction avant de conclure hâtivement à un comportement supposé.
- La qualité des explications données à voix haute pendant la recherche, un bon indicateur de la capacité à transmettre un diagnostic à une équipe.
Un deuxième niveau pour les profils plus expérimentés
Pour un poste senior, un second bug plus subtil est ajouté, lié cette fois à un conflit entre le thème et une extension fictive fournie avec le même environnement. La résolution demande de comprendre l’ordre de chargement entre extensions et thème, sujet bien plus révélateur d’une expérience réelle que n’importe quelle question théorique posée à l’oral.
Ce que cela ne remplace pas
Cet exercice ne dispense pas d’un entretien classique portant sur le parcours du candidat, ses projets précédents et sa manière de collaborer en équipe. Il complète cette discussion sans s’y substituer, en apportant une preuve concrète de compétence là où un CV ne fournit que des déclarations.
Une observation récurrente depuis la mise en place de cet exercice : les candidats les plus à l’aise ne sont pas nécessairement ceux qui trouvent le plus vite, mais ceux qui expliquent le mieux leur raisonnement même quand ils se trompent d’abord de piste.
Adapter le niveau de difficulté
Le bug proposé doit rester résolvable en une vingtaine de minutes pour un profil correspondant au niveau recherché. Un exercice trop difficile décourage inutilement un bon candidat stressé par le format, tandis qu’un exercice trop simple ne permet pas de distinguer les niveaux d’expérience réels entre plusieurs candidatures.
En résumé
Remplacer les questions théoriques par une correction de bug réelle transforme un entretien technique en observation directe d’une méthode de travail. Pour un poste centré sur les thèmes WordPress classiques et hybrides, ce format s’est révélé bien plus fiable qu’un questionnaire, sans pour autant remplacer l’échange humain qui reste indispensable au recrutement.